Ensemble
I
L'aile de l'ange a frôlé de ses caresses de lumière l'orangé des couchants qui se noient dans les brumes. Lueur ambrée percée de la croisée de ton regard d'azur, l'irradiation de ton visage qui salue ma venue. Douceur de tes lèvres qui murmurent mon nom.
II
L'émeraude du ciel frôle d'un attouchement imperceptible les saphirs, surplombe l'améthyste d'une indicible ardeur, la chevauche, l'embrasse, me laisse ébahie d'une telle profusion de teintes impossibles qui se mêlent, se révèlent, s'enlacent, me surprennent. Joyaux d'un soir d'été à l'haleine échauffée, qui se veut pourtant doux, libéral, velouté.
III
La nuit s'unit au jour, crépuscule enivrant aux senteurs de lilas, de musc, de sueur, de sang. Toute agitée de pétales d'aubépine tremblants, elle refuse la rosée, rafraîchit les amants nichés au creux des voiles soufflées par les vents qui tendrement éloignent de leur retraite douillette les curieux, méchants, jaloux de leur bonheur d'être unis à jamais.
IV
Aime-moi, aimons-nous, chante ces notes suprêmes qui ravissent les oiseaux. Mon ouïe rejoint mon cœur lorsque tout près de moi, ta lyre frémit d'amour. (extrait du recueil "Le Pyrophone")